Acer-Russie | Aide sociale à la Russie

Urgence froid !

  »Alexandre n’avait pas d’endroit où dormir. Non loin du premier arrêt du bus de nuit qui distribue des repas chauds, il s’était construit un abri avec trois amis, le long des voies de chemin de fer, derrière des garages, une toile pour se protéger des intempéries, de vieilles portes pour les murs. Début octobre, Alexandre s’est cassé la jambe. Ses amis l’ont conduit à la pharmacie la plus proche qui a appelé une ambulance. Mais l’hôpital a refusé de l’hospitaliser. Fin octobre, il faisait déjà froid, des pluies incessantes ont continué à altérer la santé d’Alexandre. Un matin, il ne s’est pas réveillé. »

Alexandre n’a pas survécu jusqu’à l’ouverture des tentes chauffées le 1er novembre. En ce mois glacial, le plus froid en Russie depuis le début du 21e siècle, les deux tentes qui ont reçu des autorisations municipales ont déjà accueilli beaucoup de monde. Comme l’année dernière, la troisième tente n’a pu être montée. Les démarches sont toujours en cours. Ces abris précaires sauvent réellement des vies. Il est bien entendu impossible d’estimer le nombre de personnes qui échappent à la mort ou à l’amputation, mais il est certain que si les tentes avaient été ouvertes, Alexandre aurait eu la vie sauve. Il aurait été pris en charge, non seulement pour la nuit, mais jusqu’à sa guérison. Notchlejka l’aurait fait soigner, quelle que soit sa situation au niveau de ses papiers. L’association l’aurait d’ailleurs aidé à les mettre à jour ou à les refaire, à faire valoir ses droits à une pension de retraite ou d’invalidité, s’il y avait eu droit. Pour finir, elle lui aurait trouvé un toit. Un vrai toit, solide, dans un foyer chauffé, avec un vrai lit. C’est aussi pour cela que ces tentes sont indispensables, elles permettent de renouer avec la vie alors que le fil s’est rompu, suite aux aléas de l’existence.

Les paroisses sont, quant à elles, sont complètement démunies comme le précise le père Lev Bolchakov de Kondopoga : « Aider à la réhabilitation de personnes désocialisées est un métier. A notre niveau paroissial c’est impossible. Nous avions envisagé à une époque, de créer des logements mais nous nous sommes rendu compte que nous n’y arriverions pas. Nous nous contentons de distribuer des repas et de proposer de petits boulots dans notre atelier de menuiserie. Malheureusement, nous ne pouvons pas faire mieux. »

 

Ailleurs encore, on s’organise comme on peut. Dans la région de Perm, il y a treize ans, une femme a hébergé une jeune mère et son enfant qui erraient dans la campagne, affamés. Elle raconte, toujours surprise par la résonnance de sa compassion. Aujourd’hui dans son petit village, sept isbas abritent une centaine de personnes : des réfugiés, des personnes sans passeport, des anciens détenus, des vieillards malades. Ils vivent grâce à un peu de bétail et des jardins potagers. Ceux qui ont une retraite ou un salaire le mettent dans le pot commun, et si la vie reste rude dans ce village isolé, dénué de tout confort, la solidarité permet de survivre.

Mais ces initiatives restent dérisoires face au nombre de sans-abri. Saint-Pétersbourg en compte 60 000 et chaque hiver, les décès, les amputations, les pneumonies, grippes et autres infections dues au froid sont innombrables. En 2015, 1122 décès ont été officiellement constatés.
Il fait actuellement -7°C. Pouvez-vous imaginer dormir dehors par cette température ? A partir du mois de janvier, les tentes chauffées manqueront de moyens pour le chauffage et la nourriture. Pour qu’elles restent ouvertes jusqu’au printemps, nous avons besoin de vous !

Merci de faire un don pour donner de la chaleur
à tous ceux qui vivent dans la rue et souffrent cruellement du froid !

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